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Ne laissons pas
le meurtre de 17 humanitaires impuni

Action Contre La Faim
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Témoignages

Contenu

 

A ce jour, le massacre de Muttur est le crime le plus grave perpétré contre une organisation non gouvernementale. Mais outre cette qualification, ce sont d’abord 17 personnes à qui l’on a ôté la vie, et autant de familles, de collègues, de proches qui ont perdu un être cher.


Au lendemain du massacre, de nombreux témoignages de personnalités mais également d’anonymes nous sont parvenus pour soutenir l’organisation tout autant que les familles. C’est la communauté internationale et humanitaire qui s’est alors montrée solidaire d’ACF pour témoigner de son indignation face à ce crime odieux, et pour réclamer que justice soit faite.

 

 

Citations

 

«  […] Cette tragédie, unique dans l'histoire, montre à tous que vous êtes des combattants de la paix et qu'il y a  pour cela un prix très lourd à payer. C'est l'honneur des ONG que d'être en première ligne. […] »

Jacques Attali



« […] J'exprime à Action contre la Faim, qui œuvre partout dans le monde dans des conditions difficiles en faveur des populations les plus démunies et dont je salue l'action, l’assurance de ma totale solidarité. J'espère que toute la lumière sera faite sur cette tragédie et que justice sera rendue. J'appelle les deux parties à cesser les violences qui font tous les jours de nombreuses victimes civiles et à reprendre des discussions en vue de trouver un règlement politique au conflit qui déchire l’île. »

M. Philippe Douste-Blazy
Ministre des Affaires étrangères, France



« […] Je transmets mes condoléances aux familles des victimes et j’exhorte vivement les autorités à faire tout leur possible pour arrêter les commanditaires de ce crime et les porter en justice. »

Bill Clinton, ancien Président des Etats-Unis



« […] La Commission exhorte les autorités sri-lankaises à enquêter immédiatement et absolument sur ces meurtres et à donner l’assurance qu’ils feront tout leur possible pour assurer une espace humanitaire sûr dans le pays. […] »

Commission Européenne



«  […] Cet horrible massacre remet une fois de plus en péril le statut des acteurs de l’action humanitaire, et je souhaite que l’enquête que vous allez diligenter puisse révéler les auteurs de ce crime odieux, que les coupables soient jugés et condamnés. »

Thierry Mauricet
Directeur Général Première Urgence

 

Témoignages


« J’ai passé deux belles années de ma vie à Trincomalee et Muttur, entre mai 2003 et mai 2005, comme responsable de programmes pour Action Contre la Faim. (…) Quelques semaines après l’assassinat de nos 17 collègues à Muttur, alors en Afghanistan et donc loin des miens et loin du Sri Lanka, j’écrivais à ma mère ces quelques mots : « j'ai du mal à oublier, sauf quand je dors et je travaille, alors je ne fais plus que ça... ». Les images de Muttur et de mes collègues amis sont toujours présentes dans ma tête : les souvenirs de repas trop épicés pour moi mais à leur goût à eux, les discussions sur la terrasse après de longues journées de « terrain », leur courage après le tsunami, alors que tous y ont laissé des plumes. (…) Ces gens là étaient une partie de ce que je suis devenu. Ils sont partis dans des conditions atroces, dans un lieu qui m'était familier : le bureau maison de Muttur, à la fois lieu de travail et lieu de vie. Je me souviens de nous tous, le soir, portant nos sarongs et torse nus, bravant les moustiques, discutant des différences culturelles entre la France et le Sri Lanka, fumant quelques cigarettes et, une fois de temps en temps, buvant un peu d’arack, dérogeant ainsi aux strictes règles internes d’ACF avec l’aval du « programme manager », c’est à dire moi-même ! Les collègues faisaient tout pour que mes soirées à Muttur avec eux soient agréables. (…) J’ai toujours avec moi le papier qui enveloppait un petit cadeau de départ offert par Kodees, sur lequel il avait inscrit : « never, never give up… »

 

Témoignage de Johan Pasquet, ancien responsable de programme à Trincomalee et Muttur

 

« C´était ma 1ère mission avec ACF même si j´avais travaillé avec d´autres organismes auparavant. Mais c´est la 1ère fois que je partageais pendant si longtemps la vie quotidienne d´une base. J’y suis resté 14 mois, en commençant à faire partie des meubles. Les relations que j´ai eu la chance de partager avec l´équipe de Trinco, resteront à jamais un des moments forts de ma vie. Tous les visiteurs de la base qu´ils viennent de Colombo ou de Paris vous le diront, il y avait à Trincomalee un esprit formidable qui faisait de la base une grande famille. ACF, c´était leur ONG. Apres la journée, de nombreux staffs restaient au bureau en petit groupe à discuter « parce qu´ils s´y sentaient bien mieux que dans leur maison » me disaient ils, quand je leur lançais en riant, que cela ne compterait pas comme heures sup’... (…) Nous, les expats, nous nous rendions très régulièrement sur Muttur pour contrôler l´avancée des programmes ou pour y régler et contrôler les processus administratifs et logistiques. Parfois il nous arrivait d´y passer la nuit car c´est aussi important de rester sur place. Parler d´autres choses. Vivre avec eux. Ils savent que le soir nous ferons une réunion informelle pour discuter des conditions de vie, ou des problèmes inhérents à Muttur. Toutes ces réunions sont des moments d´échange souvent dans la plus grande rigolade. Après la réunion, ils vont faire à manger pendant que certains restent avec moi sous le perron à boire un verre. On parle de la France, on parle d´eux. Souvent de la guerre ou de la situation.(…) Toutes les personnes qui témoigneront sur nos collègues assassinés, vous le répéteront : ils souriaient. C´est un trait de leur caractère sans doute. C´était des gens qui avaient décidé de s´engager auprès des autres pour les aider et qui trouvaient ça formidable de faire ce travail. Je me souviens d´avoir discuté plusieurs fois avec certains d´entre eux à propos de nos vocations humanitaires. De ce que cela représentait pour eux. Ils en avaient de la fierté ».

 

Témoignage de Fabrice Carbonne, ancien Chef de Base à Trincomalee

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